Résumés des intervenants dans les ateliers [J-P]

 

 INFLUENȚA FACTORULUI DE IMPACT ÎN COMUNICAREA ACADEMICĂ

Preparator drd. Gabriela JURUBIȚĂ
Departamentul de Ştiinţe ale Comunicării
Facultatea de Litere, Universitatea din București

 

            De-a lungul timpului factorul de impact a căpătat o importanţă deosebit de ridicată, ajungând chiar să controleze mediul editorial ştiinţific. Astăzi, multe universităţi şi alte instituţii ştiinţifice acordă factorului de impact al revistelor un rol de indicator calitativ, astfel încât cercetătorii sau profesorii să fie evaluaţi şi în funcţie de numărul de articole publicate în reviste cu factor de impact. Tot acest criteriu este folosit şi pentru obţinerea de titluri academice sau de granturi pentru cercetare.

Motivul pentru care instrumentul de măsurare al impactului pentru revistele ştiinţifice a avut un asemenea succes se datorează faptului că se prezintă a fi o metodă obiectivă de măsurare, ce poate servi multor scopuri și mai multor beneficiari: de la biblioteci și cercetători sau cadre didactice universitare până la editori și manageri de agenții guvernamentale.

În lucrarea de față îmi propun să analizez modul în care factorul de impact ISI influențează aceste categorii de beneficiari.

Analizând influența factorului de impact în România, regăsim acest indicativ bibliometric folosit de agențiile guvernamentale în evaluarea cadrelor didactice și a cercetătorilor, dar și în evaluarea revistelor științifice românești. Urmărind reglementările oficiale românești, remarcăm cum un indicator bibliometric este impus ca indicator al calității mediului științific românesc.

Pentru a înțelege motivul pentru care factorul de impact ISI s-a impus în mediul științific, am realizat o sinteză a modului în care acesta a fost primit și folosit în întreaga lume. În prima parte a articolului analizez influența factorului de impact în mediul științific românesc și internațional și constat faptul că acest indicator este foarte controversat în întreaga lume.

Contestările factorului de impact sunt analizate în cea de a doua parte a articolului, atingând aspecte precum: perioada de doi ani pentru care acest indicator se calculează, diferențele valorice ale factorului de impact de la o disciplină la alta, numărul de reviste indexate într-o disciplină, practicile editoriale care se concentrează exclusiv pe maximizarea factorului de impact, dar și alte aspecte care decurg din aceste probleme.

În concluzii prezint posibile modalități de interpretare și utilizare a factorului de impact ISI pentru categoriile de beneficiari prezentați în prima parte a articolului. În urma analizei, ajung la concluzia că utilizarea excesivă a factorului de impact a reușit să stârnească pe câte simpatii, pe atâtea antipatii: dacă managerii agențiilor guvernamentale și al universităților îl iubesc pentru că îl privesc precum un instrument obiectiv de evaluare, cercetătorii și cadrele didactice universitare îl urăsc pentru că știu ce evaluează acesta în realitate: impactul și nu calitatea producției documentare științifice.

 

LA RESPONSABILITÉ SOCIALE DES ORGANISATIONS MARCHANDES AU CAMEROUN : ENTRE JUSTIFICATION ET DISTINCTION

Louis Roger KEMAYOU
Docteur ès Sciences Sociales Appliquées
Université de Douala

Gervais Cwako MONKAM
Doctorant en Sciences de l’Information et Communication
Université Catholique de Louvain

La question de la responsabilité sociale des organisations marchandes quoique récente au Cameroun, ne va pas sans poser celle de ses acteurs et des niveaux sociologiques de leurs interventions. Elley procède, dirons-nous, d’une prisede conscience induite par les incidences sociales des privatisations des entreprises parapubliques, ayant eu pour corollaire l’adoption de nouveaux modes de management de celles-ci. Cette mutation intervenant dans un contexte de tension socioéconomique, ces entreprises privatisées qui ont échu aux multinationales dont les référents gestionnaires sont « étrangers » à la socioculture locale, ont, pour les besoins de leur « légitimité », cherché à atténuer les conséquences humaines de leur vision du monde marchande des relations sociales. D’où, les interrogations relativement aux discours et à l’éthique de la responsabilité sociale ici et là sollicitée par elles, pour palier les effets pervers des activités économiques sur l’environnement et/ou sur les parties prenantes, en regard des procès médiatique et juridique sur des thèmes de citoyenneté, de gouvernance, de la transparence, de la participation, etc.

Le contexte socioéconomique camerounais exprimerait-il désormais plus de besoin de justice, de liberté et de développement que par le passé ? Mieux, l’environnement des affaires camerounais est-il plus concerné de nos jours par la question de la responsabilité des entreprises vis-à-vis des groupes divers avec lesquels elles interagissent et quelles logiques infocommunicationnelles sous-tendent une telle dynamique ? Les images que charrient les signes d’identification visuelle de telles organisations qui se veulent responsables sont-elles porteuses des référents identitaires de la socioculture dont elles revendiquent la citoyenneté ?

Deux multinationales (AES-SONEL et PMUC) constituent le cadre de nos observations et analyses relatives à l’axe portant sur l’éthique appliquée et la responsabilité sociale, environnementale, le rôle des parties prenantes et la morale des organisations-entreprises. L’une et l’autre font régulièrement l’objet de frondes de la part de leurs salariés et d’autres parties prenantes, contestant soit leur gouvernance, soit tout simplement de leur éthique et politique organisationnelle, souvent aux antipodes de leurs discours et morale de l’entreprise, ce qui leur vaut de faire face à des tensions mettant en cause leur légitimité. La réflexion sur ce que l’on est en droit d’attendre des entreprises en matière de communication dans les pays du sud où elles ont une activité est encore très floue. Quelle fonction reconnaître exactement à la communication au regard des pressions accrues de l’opinion publique, des pouvoirs publics et des demandes plus fortes des parties prenantes sur leurs responsabilités sociétales ?

 

 

 

UNE LECTURE OPPOSITIONNELLE DE LA RESPONSABILITÉ EST-ELLE POSSIBLE ?

 

Gerald LACHAUD

Maître de Conférences

Université Jean Moulin

 

 

Citoyennes, éthiques et peut-être même engagées, les entreprises n’hésitent plus à souligner leur contribution à l’intérêt général ou pour le moins au vivre ensemble nécessaire à toute société humaine. Soucieuses d’apparaître comme bien plus qu’un centre de profit, elles affichent leurs valeurs morales au même titre que leurs valeurs boursières et proclament combien elles estiment être responsables envers les nombreux acteurs et actants concernés par leurs activités.

Ainsi, la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) fait l’objet d’une abondante mise en récits selon des logiques narratives et organisationnelles multiples (reddition, normalisation, publicité…). Les travaux menés en SIC ont montré combien ces récits mobilisaient la symbolique ancestrale propre à l’univers de la maisonnée (d’Almeida, 2006), qu’ils participaient d’un nouveau régime cognitif dans l’économie des savoirs (Loneux, 2010) ou qu’ils étaient l’œuvre d’un groupe professionnel encore fragile (de la Broise, Lamarche, 2010).

Recours à la puissance supposée du mythe, construction et structuration langagière de la réalité, organisation naissante d’un corps de métier, les éléments semblent réunis pour que la RSE se constitue, si ce n’est déjà fait, en idéologie managériale (Carré & Panico, 2010). Dans ces conditions, nous pouvons nous demander si les discours véhiculés par cette vision dominante peuvent donner lieu à une lecture oppositionnelle, entendue au sens donné par Stuart Hall et les cultural studies comme la mobilisation d’un autre cadre de référence pour le décodage d’un message que celui utilisé pour sa production (Hall, 1997).

Or, il semble difficile de trouver sur le Web les traces de cette lecture oppositionnelle stricte. Les critiques et les commentaires émis par le « forum citoyen pour la responsabilité sociale des entreprises » ou par l’association « Adhère-RH » semblent bien plus relever de la lecture négociée, toujours au sens donné par les cultural studies.

Certes, cette absence pose aussi la question de la rencontre entre le Web et les formes extrêmes et radicales d’opposition au capitalisme, au profit de groupes vigilants, déjà organisés et mobilisés en partie pour certains d’entre eux (syndicats notamment) dans les espaces de discussion encouragés par la RSE (Loneux & Huët, 2009).

Cependant, notre questionnement qui permet de reconnaître et d’accepter la réflexivité critique des individus souligne aussi l’aporie de l’horizon d’attente de la RSE. En effet, la mobilisation de valeurs humaines, pour ne pas dire humanistes, généreuses et altruistes (présentées à l’envi par exemple sur les sites Web des entreprises du CAC40) rend vaine, illusoire et surtout illégitime moralement toute dénonciation définitive et radicale, et n’autorise tout au plus qu’un rappel à l’ordre sur l’adéquation entre fins et moyens ou le décalage entre le dire et l’agir dans une organisation qui se targue d’être gouvernée par des principes éthiques.

Non seulement la mobilisation théorique des cultural studies pose la question de la confrontation des cultures organisationnelles tout en permettant le nécessaire basculement épistémologique vers l’étude de la réception et des usages du concept de RSE (Martin-Juchat, 2002).

 

 

 

ANALYSE COMPARÉE DES PRATIQUES QUOTIDIENNES DES ÉLEVAGES FAMILIAUX WALLONS ET BANATAIS EN DÉCALAGE AVEC LE MODÈLE ENTREPRENEURIAL DOMINANT DÉFENDU PAR LES POLITIQUES AGRICOLES EUROPÉENNES

Dr. Séverine LAGNEAUX

École de Communication

Université Catholique de Louvain

 

Ma contribution repose sur une analyse comparée des pratiques quotidiennes des élevages familiaux wallons et banatais en décalage avec le modèle entrepreneurial dominant défendu par les politiques agricoles européennes et incarnés par l’agro-industrie. Cette étude repose sur une enquête ethnographique dans un village roumain durant 8 mois entre 2002 et 2007 et une enquête en cours menée en milieu agricole belge.

Que ce soit en réaction aux politiques agricoles européennes, aux dérégulations du marché ou à l’installation de mégas fermes, les voix des éleveurs laitiers s’élèvent. A Bruxelles l’épisode des « larmes de lait » de 2008 ou les revendications renouvelées des mêmes acteurs en novembre 2012 soulignent la précarité des éleveurs laitiers. En Roumanie, alors que la fin des paysans est politiquement proclamée, localement, dans les maisnies villageoises, le modèle paysan revient en force. Refuge face à la crise économique, la gospodarie se révèle également être un bouclier identitaire présentée comme culturel et historique pour faire face aux investisseurs occidentaux établissant neo-latifundia. De part et d’autre, alors que dans un cas la Révolution verte à transformé les paysans en agriculteurs et que, dans l’autre, la paysannerie a subi les transformations inhérentes au modèle socialiste érigeant l’ouvrier en « homme nouveau », la mémoire paysanne ressurgit. L’analyse de ces discours et des comportements des éleveurs wallons et banatais permet de mettre en exergue les particularités des contours donnés à cette imaginaire paysan, à ses usages identitaires mais aussi la défense d’un ethos paysan transcendant les frontières pour souligner une culture particulière de la domestication familiale.

Pour dépasser une vision manichéenne sous-tendue par un « affrontement » entre deux prétendus adversaires, étudier les discours de l’agro-industrie s’impose. Une analyse de contenu des sites internet des fabricants de robot de traite, matériel dernier des NTIC en agriculture sera proposée. Ces entreprises (Lelly et De Laval) s’adresse à des gestionnaires de troupeaux. L’éleveur devient un entrepreneur. Ce changement est présenté comme un état de fait issu d’une évolution dite « naturelle » et progressiste. Les implications d’un tel discours sur la façon d’envisager une profession, les liens à la nature et la domestication animales seront étudiés. En effet, si les éleveurs reconnaissent les avantages du renouvellement des techniques agricoles, elles semblent également entrer en conflit avec leurs gestes et propos et soutenir leur sentiment de menace (perte d’autonomie, « machinisation » animale, disparition des savoirs faire liés à « l’œil de l’éleveur » et des savoir être d’un ethos paysan). Aussi, les éleveurs mettent-ils au point des ruses permettant de domestiquer le robot et la modernité plus que de subir une modernisation de leur univers domestique. Face aux discours politiques et industriels, les agriculteurs familiaux soulignent la nécessité de redéfinir le développement rural dont le paysage se transforme radicalement.

 

 

 

COMMUNICATION D’UN MOUVEMENT LAÏQUE FRANÇAIS : LE PARADOXE DE LA LIGUE DE L’ENSEIGNEMENT

 

Anne LANCIEN

G.S.R.L., EPHE

 

La Ligue de l’enseignement est une organisation regroupant près de 30 000 associations, réunies au sein de 102 fédérations locales. Souhaitant défendre une position de laïcité ouverte au sein de la société française et se poser en tant que médiateur entre le pouvoir politique et la société civile, le mouvement cherche à développer sa communication organisationnelle afin de renforcer son influence grâce à l’ampleur de son réseau. Les outils utilisés à cette fin sont aussi nombreux que variés : assemblées générales, congrès nationaux, formations internes, conseils d’administration, revues destinées aux fédérations et associations, circulaires du secrétariat général, commémorations, salons, colloques auxquels les membres de la Ligue sont conviés, sans omettre des moyens s’appuyant sur de nouveaux outils communicationnel : blogs de responsables du mouvement, emails, intranet, compte twitter de quelques fédérations, etc.

Force est de constater un échec relatif de cette stratégie. En 1997, seuls 22% des responsables d’associations affiliées à la Ligue avaient connaissance de leur adhésion à celle-ci. De même, 50% affirmaient qu’ils connaissaient mal, voire très mal les activités et prises de position de la Ligue de l’enseignement. L’inefficacité relative de la communication interne n’est pas propre aux seules associations mais concerne l’ensemble de l’organisation. Les diverses manifestations mises en place au sein des Fédérations ne sont pas toujours relayées au niveau confédéral, alors que nombre de réunions organisées par le siège ne sont pas portées à la connaissance des Fédérations. Comment expliquer ce paradoxe ? Plusieurs raisons peuvent être évoquées, certaines ayant trait à la nature même du mouvement. Le fondateur de la Ligue, Jean Macé, considérait que « chaque cercle se gouverne à son gré, agit comme il veut, quand il veut, sans être obligé d’attendre les ordres de personne ». Chaque fédération dispose ainsi d’une autonomie renforcée, même si elle doit défendre les positions de la Ligue. L’éloignement entre le siège, parisien, et l’ensemble de ses fédérations et associations amoindrit l’efficacité de la communication interne de la Ligue. Le degré d’investissement des membres de l’organisation peut également être une explication : 60% des responsables d’associations affiliées expliquaient que leurs adhérents se comportaient davantage comme des consommateurs que comme des militants. Un autre paradoxe mérite d’être soulevé : malgré une communication interne développée mais relativement inefficace, la Ligue parvient à s’imposer au sein de la société et auprès du politique comme un acteur incontournable concernant les questions de laïcité. Comment le mouvement est-il parvenu à surmonter ses difficultés communicationnelles internes pour atteindre une partie de ses objectifs ? Quelle stratégie a-t-il mis en place pour renforcer l’efficience des échanges au sein de son réseau ? Le recours à divers outils, parfois innovants, depuis les années 1980 est un début d’explication : développement d’un discours s’appuyant sur l’expertise militante, audits internes, newsletter hebdomadaire et blog répertoriant les manifestations de la Ligue ou encore chargée de mission spécialiste des relations entre associations et pouvoirs publics.

 

 

 

 DIMENSION COMMUNICATIONNELLE ET SOCIALISÉE DU PROCÈS D’INSTITUTIONNALISATION DE LA RSE

 

Catherine LONEUX

Professeur en Sciences de l’Information et de la Communication

PREFics, EA 4246, Université Rennes 2

 

 

Nous interrogeons les évolutions portées par la RSE, au plan socio-économique et socio-politique, dans le contexte de modernité dans laquelle nous nous inscrivons. Nous privilégierons pour l’analyse de ce phénomène de plus en plus présent en communication organisationnelle, des recherches fondées sur un cas d’étude de « RSE » marqué par des propositions de gouvernance alternative. En effet, les acteurs de la communication institutionnelle de la RSE font circuler des savoirs, des images, des normes, valeurs, symboles, marqués par une certaine idée des entreprises (légitimes, citoyennes, etc.), et de la place qu’elles devraient occuper dans notre société. Au plan sociétal, la contribution revendiquée par les entreprises peut se situer par exemple au niveau de l’affirmation du maintien d’un débat démocratique, de la progression des droits humains, de l’amélioration de la préservation de l’environnement, ou encore de l’affichage de bonnes pratiques professionnelles. La plupart des multinationales, des associations et des divers groupements créés autour de ces mots d’ordre mettent en place des dispositifs de communication visant à institutionnaliser les thématiques de la RSE par la communication. L’apport supposé réel de ces textes relatifs aux responsabilités des entreprises dans la société, ainsi que les jeux d’acteurs qui les portent et les légitiment, méritent d’être questionnés.

 

 

 

 

COMMENT RÉUSSIR LA COMMUNICATION D’UNE DESTINATION TOURISTIQUE ? POUR UNE APPROCHE TERRITORIALE DURABLE

Sonia MANKAI

Enseignante Agrégée en Économie et Gestion

Maître technologue chercheur en Management Touristique

ISET de Nabeul, Tunisie

Le tourisme constitue actuellement le secteur le plus impliqué par le développement durable, via un management territorial qui préserve et valorise l’authenticité et l’identité d’une destination touristique. Plusieurs écrits (Hamon et Dano, 2005 ; Gollain, 2008) montrent que cette optique territoriale durable est un projet d’actions qui débute par l’identification de l’attractivité d’un territoire, passant par le positionnement de son image, pour arriver enfin à sa communication.  L’enjeu de cette dernière est par excellence une question d’identité et de valeurs (DE MEO, 1998), mais aussi une problématique de pilotage des relations entre une grande variété d’acteurs et d’échelles de temps et d’espaces.  Ceci  nous invite à réfléchir sur des mécanismes, des canaux et des messages de communication appropriés à chaque territoire touristique et adaptés à un nouveau tourisme qui se développe dans un environnement instable et fortement exposé à des crises politiques et économiques. Certes, dans ce  cadre, le champ et les métiers de la communication restent  ouverts aux actes et initiatives innovatrices et créatives. Cependant, comment peut-on être à la fois innovant dans nos campagnes publicitaires, et en même temps respecter les principes d’un développement touristique durable et maîtriser ainsi les crises et les risques de ce secteur ? C’est dans ce cadre que s’intègre la problématique de la présente étude qui consiste à explorer une approche communicationnelle permet tant de  réussir la promotion d’une destination mais aussi créer le sens d’appartenance de tous les acteurs citoyens, publics et privés sur un territoire.

L’exploration  de l’exemple  de la « destination Tunisie », à travers l’analyse d’un échantillon de campagnes publicitaires, diffusées par des acteurs publics et privés, portant sur cette destination montre  que  la  notion de  durabilité est  quasi absente. D’ailleurs, nous déplorons l’inefficacité, l’instantanéité et la précarité de l’effet communicationnel de ces campagnes. Alors, partant de cette analyse et nous interrogeant sur le rôle de la communication institutionnelle et sur la logique territoriale durable, nous tentons, dans le présent article, de proposer un modèle opérationnel de la communication touristique.  Il s’agit d’un système dynamique qui est fondé sur l’approche de la communication responsable (Audduin, Courtois, Rambaud-Paquin, 2009-2010) et celle du management territorial et durable de l’entreprise (Pluchart, 2011 ; Laurent, 2009). Ce modèle  invite à recentrer le message de communication sur l’identité d’un territoire et la création d’une « marque destination ». Il met en partenariat les différents acteurs sur un territoire touristique  (professionnels privées et  représentants de la profession,  collectivités locales  et associations, commerçants et artisans, citoyens), dont les périmètres de responsabilités de chacun sont fixés par l’éthique de la profession.

Les perspectives de cette réflexion seraient de proposer de nouveaux horizons sur les  métiers de la communication contribuant à l’amélioration de l’efficacité publicitaire qui devrait non seulement interpeller l’imaginaire de la cible, mais aussi garantir l’engagement et la responsabilité de tous les acteurs.

 

 

TIC, DEMOCRATIE, QUEL RAPPORT ? : LE CAS DES RESEAUX SOCIAUX DANS LES REVOLUTIONS ARABES

Moncef MEHREZI

Docteur en Sciences de l’Information et de la Communication

Université de Bordeaux

Deux événements majeurs ont marqué le début de l’année 2011. Les révolutions tunisienne et égyptienne qui viennent mettre fin à des années de dictature et de pouvoir absolu. Deux régimes autoritaires se sont retrouvés face à une vague de manifestations sans précédent. L’acteur principal des deux révolutions est la jeunesse des deux pays. L’élément crucial qui a uni les deux mouvements est sans aucun doute le rôle des moyens de communication dans le déroulement des événements. Facebook, Twiter, Youtube et les différents moyens de communication ont joué un vrai rôle face au silence des médias nationaux classiques manipulés par le pouvoir en place.

En effet, tous les éléments de la contestation étaient présents depuis des années : un régime autoritaire, la corruption des responsables, un sentiment d’injustice, des bavures policières, le silence des médias et le harcèlement subi par les opposants. Le seul élément nouveau a été le grand nombre de Tunisiens inscrits sur les réseaux sociaux, notamment Facebook, qui compte plus de deux millions d’usagers. Avec un téléphone portable 3G et quelques clics sur l’ordinateur, le monde entier a pu voir en direct un régime policier agir. Quelques jours après la tentative d’immolation par le feu du jeune marchand ambulant de Sidi Bouzid, la Tunisie entière s’est rebellée face au dictateur et le monde arabe face à la dictature. Et c’est grâce aux nouveaux moyens de communication que les populations arabes ont enfin  trouvé un outil de contestation fiable et efficace à l’abri des matraques de la police. C’est la jeunesse « Facebook » qui a changé la donne. Les jeunes qui boudaient auparavant la politique, représentent aujourd’hui un acteur clé dans les changements des sociétés.

Au moyen des nouvelles technologies, les manifestants ont pu s’organiser sur une échelle nationale voire internationale. Le pouvoir a manipulé les médias classiques (radios, télévisions, presse écrite et sites Internet), mais il n’a pas pris en compte l’arrivée des réseaux sociaux utilisés par les plus jeunes. Or en Tunisie, et ce jusqu’à la révolution, la jeunesse ne faisait pas peur au régime. N’ayant rien à voir avec la politique, elle a été marginalisée. Les préoccupations des jeunes se limitaient semble-t-il aux matchs de foot, aux chanteurs populaires et aux échanges de messages sur Facebook. Face à une jeunesse qu’elle pensait dépolitisée, le régime en place s’est retrouvé dépassé par les événements.

 

 

 

COMMUNICATION ENVIRONNEMENTALE DES ACTEURS LOCAUX

POUR UNE PROBLÉMATISATION CONCERTÉE

 

Aissa MERAH

Maître de Conférences

Université de Bejaïa-Algérie

 

Farouk BAHLOUL

Maître-assistant

Université de Bejaïa-Algérie

La prise de conscience de l’existence d’un problème environnemental n’est pas une donnée prédéterminée. Elle est plutôt une co-construction des pratiques communicationnelles de plusieurs acteurs entreprenant des actions d’explication et de sensibilisation portant sur la situation considérée problématique. Ce processus collectif de problématisation d’une dégradation dénoncée s’exerce à travers des interactions des discours développés et véhiculés dans la société via les espaces d’expression et de débat animés par les différents acteurs.

En effet, comme le souligne P. Lascoumes un « espace préexistant, un bien spontané doté d’une essence intemporelle, mais il est une «praxis sociale»  déterminée par les acteurs qui la composent » (Lascoumes, 1995, 14).

L’extension de la concertation publique au dossier de l’environnement s’est imposée avec l’accroissement de l’intérêt de cette thématique socialement et scientifiquement mais aussi grâce à l’intensification et la professionnalisation de la communication environnementale.

Les politiques publiques portant sur la question environnementale s’inscrivent souvent dans un cadre national voire international. Bien qu’elle soit d’une grande importance, cette inscription se fera en dehors de son contexte spatiotemporel et sans participation et concertation des acteurs locaux chargés de ce dossier relevant à la fois de la préservation du patrimoine naturel et du développement durable.

Certes des batteries de textes réglementaires interviennent sous formes de mesures et des programmes impliquant plusieurs secteurs et acteurs institutionnels. Mais les constats de l’expérience sur le terrain montrent que l’arsenal juridique et le montage financier décidés s’avèrent insuffisants et inopérants.

Les actions de mise en œuvre de ces législations et de ces projections générales ont souvent été objet d’obstacles subjectifs des facteurs non prévus et non maitrisés. Il s’agit avant tout de l’absence de la prise de conscience des enjeux écologiques et le manque d’adhésion de ces acteurs à l’échelle locale mais surtout la manque de coordination et de concertation entre eux.

La problématisation des questions de l’environnement et leur prise en charge par des politiques publiques nationales et locales sont déterminées par la mobilisation de l’ensemble des acteurs en charge, à commencer parles responsables institutionnels, les animateurs associatifs et les élus locaux. En structurant et en canalisant les actions d’intervention, de proposition, d’échange d’expériences et de mise en compétence de chaque acteur participant, la concertation directe ou à travers les médias entant qu’espace de débat et les commissions mixtes, prend forme à travers des décisions et des mesures. Par ailleurs, privilégier la concertation des acteurs se traduit par la diversité en visions, le partage d’expériences et d’expertises et par l’approfondissement de la réflexion sur les modalités concrètes et efficientes lors de l’élaboration et de la mise en œuvre d’une décision ou d’une politique environnementale à l’échelle territoriale.

Convaincus de l’importance du facteur de proximité géographique et thématique dans la préservation et la valorisation du patrimoine naturel, nous nous intéressons à la catégorie des acteurs publics intervenant sur le dossier de l’environnement local.

Notre question : Comment la professionnalisation de la communication environnementale favorise-t-elle la problématisation concertée des questions de l’environnement entre leurs acteurs ?

C’est ce que nous avons traité en prenant le dossier de l’environnement dans la région de Béjaia en Algérie comme terrain de l’étude et la concertation collective co-construite réalisée en analysant les modalités et les formes d’échange et d’interaction entre les contenus communicationnels des différents acteurs locaux e l’environnement mobilisés.

 

Eléments de méthode

Dans cette étude, nous avons retenu un ensemble d’acteurs issus des différentes catégories, des professionnels, des promoteurs et des experts en environnement. Notre échantillon est composé de douze acteurs locaux : des responsables administratifs et institutionnels chargés de l’environnement, des élus municipaux de la ville de Béjaia abritant les sites choisis, des animateurs du mouvement associatif écologique et des chercheurs universitaires travaillant sur la thématique et les sites en question. Nous avons utilisé la méthode d’analyse des représentations sociales du réseau d’associations proposée par De Rosa (2003, 81-117).

Notre démarche est fondée sur un entretien libre qui se résume à deux questions ouvertes. La première : En tant qu’acteur local, que signifie pour vous la question de l’environnement? Quant à la deuxième, comment vous informez-vous sur la question de l’environnement ?

Nous avons expliqué et développé les deux questions ci-dessous – questions centrées sur les formes d’échange et de partage de visions et de connaissances entre les acteurs et leurs logiques d’intervention et de concertation.

 

 

 

L’ÉTHIQUE COMMUNICATIONNELLE ET L’ÉTHIQUE INSTITUTIONNNELLE.

LES BONS USAGES DES NOUVEAUX MEDIAS DANS LA COMMUNICATION DE CRISE

 

Raluca MOISE

Assist. univ. dr.

Département des Sciences de Communication

Faculté de Lettres, Université de Bucarest

 

En partant de la crise institutionnelle que l’Université de Bucarest a parcouru il y a quelques mois, ayant comme point d’émergence les accusations de plagiat faites à un de ses diplômés, Victor Ponta, notre communication analysera les enjeux, les modalités et les effets de la communication de crise.

La crise institutionnelle est une de plus complexes, engendrant des multiples audiences et visant l’essentiel de la réputation institutionnelle : la qualité des études dans l’Université de Bucarest et les pratiques éthiques et de responsabilité institutionnelle, mises en doute et sous réflexion publique dans cette situation. La gestion de crise, dont la communication de crise est une composante, suppose un rapport équivalent entre les valeurs discursives figurées au niveau de la communication de crise et les actions et mesures institutionnelles prises dans ce contexte. L’usage des nouvelles technologies pour l’engagement des publics est une des plus importantes composantes utilisées dans la communication de cette situation de crise.

Notre présentation mettra en évidence les usages des médias dans la communication de crise, en interprétant le rapport entre les médias traditionnels et les nouveaux médias, en vue de décrire les structures narratives créées et transmises par l’intermédiaire de ces deux voies. On mettra l’accent sur les bons usages des nouveaux médias et des médias sociaux (le site institutionnel, les weblogs institutionnels, la page institutionnelle sur le réseau social Facebook), et sur les effets suscités par leur usage au niveau des publics : l’empathie et l’identification, ainsi que les aspects éthiques de l’usage des NTIC pour la communication de crise.

 

 

 

L’AGENCE DE PUBLICITÉ DU POINT DE VUE DES PROFESSIONNELS ROUMAINS

Mădălina MORARU

Chargée de Cours dr.

Faculté de Journalisme et Sciences de Communication

Université de Bucarest

 

 

La structure organisationnelle d’une agence de publicité contemporaine présente des services complets pour bien répondre aux besoins des clients. Mais dans quelle mesure la mobilité du marché et les médias influencent les facteurs impliqués dans la fabrication d’une campagne, respectivement le client, l’agence, les professionnels de l’industrie, la marque et le produit? La réponse à cette question est basée exclusivement sur une analyse intrinsèque du travail à l’agence de publicité, impliquant les départements de la stratégie, les services créatifs et le client.

La méthode de recherche utilisée dans cette étude est l’interview semi-structurée avec 15 personnes, qui travaillent dans des agences prestigieuses globales et locales (McCann Erikson, Leo Burnett, Graffiti BBDO, Propaganda, Arsenoaie et Mătăşel, IAA Roumanie etc). Les questions s’inscrivent dans une vaste recherche postdoctorale concernant ce sujet de globalisation et se concentrent sur les points suivants: la structure départementale, la mobilité interdépartementale, la relation stratégie-création et également online-offline, et  d’identifier les obstacles à la réalisation de campagnes publicitaires.

L’objectif principal de cette recherche est d’identifier le niveau de flexibilité d’une agence de publicité et, par ailleurs, d’analyser l’organisation interne. L’organisation interne et celle liée à la préparation d’une campagne révèlent le conformisme ou l’esprit innovant dans le niveau organisationnel. L’hypothèse avancée par cette étude est que le travail d’une agence mondiale qui propose des services complets n’est pas très différent de celui d’une agence locale, parfois spécialisée. Bien sûr, ce point de vue est fondé sur les opinions des professionnels de l’industrie, qui comprennent chaque campagne comme un produit intégré, pas fragmenté. D’autre part, beaucoup d’entre eux ont appris de l’expérience de travail dans d’autres agences, que la mobilité interdépartementale et donc les problèmes de gestion internes portent sur deux aspects: la communication professionnelle et la communication de marque.

 

 

Definirea conflictelor

Conf. univ. dr. Ionel NARIȚA
Universitatea de Vest din Timişoara

 

Conflictele sunt fenomene sociale care afectează atât organizaţiile cât şi membrii acestora. Pentru a dezvolta în mod eficient soluţii ale conflictelor, trebuie avut în vedere un model adecvat al acestora, iar pentru a construi un model, conflictele trebuie circumscrise sau definite. Există numeroase tentative de definire a conflictelor. Cele mai multe definiţii introduc o serie de confuzii în înţelegerea termenului „conflict”. O asemenea confuzie apare între conflict şi motivarea conflictului. De aici provine tendinţa de a defini conflictele prin relaţionarea unor stări de spirit ale părţilor, cum ar fi credinţe, atitudini, scopuri etc. În acest fel, conflictul ar fi un fenomen universal şi oricine s-ar afla în conflict cu oricare altul, chiar fără să ştie acest lucru, deoarece între oricare doi oameni există diferenţe de opinii sau de aspiraţii. Nu există „conflict de opinie”, respectiv conflict între două persoane pentru că au opinii diferite. Pe de o parte, nici unul dintre ei nu ar putea şti care sunt opiniile celuilalt, iar pe de altă parte, dacă am admite posibilitatea unui conflict între opiniile a doi subiecţi diferiţi, ar trebui să respingem principiul libertăţii de opinie şi să acceptăm că opiniile unuia constrâng opiniile celorlalţi.

Alte definiţii şi analize ale conflictelor extind prea mult sfera actorilor sau a părţilor unui conflict. De pildă, printre părţile unui conflict sunt admise grupurile, categoriile sau clasele sociale, fără să se ţină seama că acestea nu pot acţiona unitar, nu pot purta un conflict. Părţi ale unui conflict pot fi doar indivizii sau organizaţiile, de aceea putem vorbi doar metaforic de conflicte între etnii, între generaţii, între culturi sau între clase sociale; lupta de clasă este o pură speculaţie. Chiar dacă în conflicte sunt implicate grupuri, acestea, pentru a fi părţi ale conflictului, trebuie să fie organizate, adică trebuie să fie organizaţii. De aceea, conflictele sunt strâns legate de organizaţii şi, deci, de comunicare şi relaţiile publice.

Optăm pentru o definiţie a conflictului de natură acţională sau interacţională. Nu putem vorbi de conflicte fără ca părţile să desfăşoare acţiuni în cadrul acestora, nu pot exista conflicte care nu se manifestă. De aceea, conflictele apar numai între părţi capabile să acţioneze unitar şi să urmărească un scop propriu. Vorbim despre prezenţa unui conflict în două situaţii:

a) Una dintre părţi, B, acţionează astfel încât să împiedice cealaltă parte, A, să atingă un scop pe care B presupune că A îl urmăreşte sau să îl împiedice pe A să acţioneze într-un anumit fel.

b) Una dintre părţi, B, acţionează astfel încât să determine cealaltă parte, A, să realizeze un scop pe care B presupune că A îl evită sau să-l oblige pe A să acţioneze într-o anumită manieră.

UN NOU MODEL DE COMUNICARE ŞTIINŢIFICĂ – ACCESUL DESCHIS

Dr. Tatiana OPRESCU

Şef Serviciu Biblioteca Universităţii din Piteşti

Lucrarea prezintă o analiză a unui fenomen foarte important pentru procesul comunicării ştiinţifice şi al schimbului de cunoştinţe între structurile infodocumentare, accesul deschis la informaţie şi depozitele instituţionale, fenomen care apare şi începe să se dezvolte în anii nouăzeci ai secolului XX: prin arhivele digitale şi prin contribuţiile ştiinţifice ale oamenilor de ştiinţă. De atunci s-a început să se utilizeze termenul arhivă sau expresia arhivă deschisă, pentru a indica acele colecţii găzduite în server, gestionate de universităţi şi de alte instituţii infodocumentare, colecţii care se îmbogăţeau şi cu rezultatele cercetărilor în curs, şi cu produsele cercetărilor încheiate, lucrări adresate în principal oamenilor de ştiinţă, dar accesibile tuturor, în mod liber, prin web.

Accesul deschis este un concept care evoluează rapid. Viziunea este clară; implementarea viziunii este, din păcate, mai puţin clară. Accesul deschis are foarte mult de-a face cu convingerea cercetătorilor să autoarhiveze, cu promovarea dezvoltării depozitelor digitale, pentru ca ei să-şi depună documentele. Instituţiile infodocumentare care susţin şi promovează accesul deschis asigură cea mai largă difuzare posibilă a contribuţiilor ştiinţifice.

În acest context sunt prezentate şi analizate acţiunile politice pentru sprijinirea accesului deschis care au contribuit la apariţia unei serii de declaraţii, sensurile cu care este utilizată sintagma acces deschis, politicile si strategiile accesului deschis, necesitatea implementării unor cerinţe academice pentru facilitarea constituirii unui sistem de schimb al cunoştintelor, diferenţa dintre modelul tradiţional de comunicare ştiinţifică şi modelul accesului deschis, dar şi avantajele accesului deschis la informaţie.

 

 

LES EFFECTS DE CONTRE-PRODUCTIVITÉ DE LA COMMUNICATION MANAGÉRIALE, LE CAS DES CADRES DE PROXIMITÉ

Bertrand PARENT

Enseignant-chercheur IDM EHESP et Préfics Rennes 2

 

 

L’engouement actuel pour les démarches performance des services de santé, sociaux et médico-sociaux, découle de deux exigences de plus en plus fortes. D’une part, la population, et par conséquent les appareils politiques et gestionnaires s’inquiètent de plus en plus de l’état de leur système de santé. Des réformes et des restructurations majeures ont eu lieu à peu près partout et l’impact de ces transformations reste à démontrer. D’autre part, on observe à peu près partout d’importantes variations dans les coûts et dans la qualité des services dispensés. Ces constats exercent de fortes pressions pour améliorer la performance du système de soins. Dans cette perspective, la loi Hôpital Patient Santé Territoires a institué l’Agence Nationale d’Appui à la Performance des Établissements de Santé et médico-sociaux. Elle a notamment pour mission la conception et la diffusion d’outils et de services, d’appui et d’accompagnement, d’évaluation, d’audit et d’expertise pour permettre aux établissements d’améliorer leur performance et en particulier la qualité de leurs services aux patients et aux usagers. Ces démarches mobilisent de nombreux dispositifs de communication managériale (communication interne, systèmes d’information, tableaux de bord, indicateurs) qui visent tous à augmenter la performance des organisations de santé et à publiciser cette performance.

Nous voudrions montrer dans cette communication combien ces dispositifs contribuent en fait à l’augmentation des difficultés rencontrées par les acteurs au travail, les risques psychosociaux, l’engagement dans le travail. Nous pourrions alors parler d’effets de contre-productivité des dispositifs de communication managériale, mouvements rapides de destitution, qui renvoient à des processus de normalisation ou stratégies de l’éphémère, concernent tout particulièrement le système de santé et ses professionnels.

Ainsi, les cadres de proximité par exemple, subissent à tel point ces dispositifs que leur professionnalité même peut être remise en cause. En effet, de nombreuses réformes ayant pour objectif la modernisation et la rénovation du système de santé, se sont succédées à un rythme soutenu depuis une quinzaine d’années en France. Ces réformes visent toutes l’intégration des soins et des services et à améliorer leur performance. Elles impliquent une redistribution importante des responsabilités entre les différents niveaux du système de santé et mobilisent de nombreux dispositifs de normalisation et de transformation des activités de prise en charges des patients et usagers. Différentes études (Gadéa, 2009) ont montré le faible niveau relatif du taux d’encadrement dans le secteur hospitalier et plus généralement dans les structures de santé. Elles montrent aussi la complexification des missions du système hospitalier et l’impératif accru de qualité des services rendus aux usagers. Les cadres sont mis au défi de porter la déclinaison d’une adaptation rapide de tous les agents aux nouvelles exigences posées tant par la tutelle politique que par les attentes publiques. La plupart des observateurs s’accordent ainsi pour estimer que le rôle des cadres a considérablement évolué, au point d’être devenu assez écrasant, protéiforme, avec un contenu croissant d’activités « invisibles ». La résurgence d’une demande forte de définition de soi par le métier, conjuguée à une plainte croissante de reconnaissance (mission De Singly, 2009) interroge le chercheur sur les mécanismes de construction de l’identité au travail et révèle une incapacité des modes de gestion et de management à satisfaire l’aspiration à une meilleure reconnaissance de l’activité de travail et des formes d’engagement subjectif.

Nous pourrions donc observer la disparition du travail, l’occultation de l’exercice de la puissance de pensée et d’action des sujets, par ailleurs nécessairement engagée dans tout type de travail, alors qu’il faut rendre, organiser, mesurer ce qu’elle produit. Les systèmes de contrôle et donc d’évaluation se polarisent désormais sur le couple objectifs-résultats, accompagné latéralement de procédures. On assigne aux agents des objectifs et on mesure les résultats obtenus relativement à ces objectifs. Les procédures accompagnent et contrôlent à la fois, mais elles ne disent rien du travail réellement exercé, d’autant moins que ce travail est davantage intellectuel et relationnel. Ces dispositifs de communication organisationnelle et managériale font donc l’impasse sur la réalité et l’épaisseur du travail engagé, et donc sur la puissance des individus au travail (Zarifian, 2010 ; Clot, 2011). Ainsi, pour légitimes qu’elles soient, les démarches « performance » qui ne questionneraient pas leurs fondements épistémologiques et ne prendraient pas en compte la complexité des organisations, des cultures qui les composent, comme la complexité des logiques d’intervention dans les champs sanitaire et social, risquent des effets de contre-productivité. Ces démarches et les outils de communication associés ne feraient alors que contribuer aux mouvements apparents de rationalisation du travail et de contrôle des activités, mais qui paradoxalement, ratent l’essentiel du travail : la part d’initiative, d’invention, de création et de sens que les professionnels mettent en œuvre.

La question sera donc de voir comment les dispositifs de communication managériale percutent les formes héritées du travail des cadres jusqu’à rendre invisible le travail lui-même et éphémère toute forme de professionnalité stable.

 

 

 

O PERSPECTIVĂ DIACRONICĂ
ASUPRA CAMPANIILOR DE CSR DIN ROM
ÂNIA

Lector univ. dr. Monica PĂTRUŢ
Universtitatea „Vasile Alecsandri” din Bacău

În acord cu prevederile tratatului de la Lisabona, cu strategia Europa 2020 şi cu recomandările naţionale, companiile contribuie la dezvoltarea societăţii moderne. CSR-ul este un instrument la care ele apelează pentru rezolvarea unor probleme diferite: de la drepturile omului, poluarea mediul înconjurător, îmbunătăţirea calităţii vieţii angajaţilor, educaţie, asistenţă socială şi dezvoltarea comunităţii locale până la dezvoltarea durabilă sau instaurarea capitalismul moral (Young, 2009).

În condiţiile creşterii accesului la internet a tuturor publicurilor, campaniile de CSR au devenit mult mai vizibile, au fructificat avantajele inteligenţei colective, participării internauţilor şi generării conţinuturilor de către aceştia. (Visser, 2010). CSR-ul combină cu succes etapa web 1.0 cu etapa web 2.0.

Pentru a vedea cum au evoluat lucrurile în România, în prezentul studiu vom analiza campaniile de responsabilitate socială corporatistă popularizate în mediul virtual.

Pornind de la modele clasice de analiză (Abbott& Monsen, 1979), vom alege studiile de caz postate de companii pe cele mai cunoscute website-uri de profil: http://www.responsabilitatesociala.ro, http://www.csrmedia.ro, http://www.csr-romania.ro.

Vom realiza un tablou complet al acestor campanii folosind următoarele variabile: anul derulării; domeniul de activitate al companiilor responsabile social; domeniul în care se derulează campania CSR (protecţia mediului, egalitatea şanselor, investiţia în proprii angajaţi, implicarea comunităţii în rezolvarea unor probleme legate de sănătatea publică, asistenţă şi servicii sociale, educaţie şi dezvoltarea personală, sport, literatură şi arte, organizaţii nonguvernamentale, calitatea şi siguranţa produselor); forma campaniei CSR (fundaţie filantropică, donaţie în bani sau bunuri, voluntariat din interiorul si/sau exteriorul companiei, marketing pentru o cauză, sponsorizare, parteneriat cu instituţiile publice, consultanţă & training, campanie de informare/educare/sensibilizare); mediul în care se desfăşoară campania (online şi/sau offline); costul campaniei exprimat în euro.

 

 

APPROCHE COMPARATIVE À L’ANALYSE DE LA RESPONSABILITÉ SOCIALE DES GÉANTS INDUSTRIELS RUSSES

Nadezhda N. POKROVSKA
Professeur de la Chaire de Sociologie
Université d’État d’Économie et d’Ingénierie de Saint-Pétersbourg

 

L’examen abstrait du fonctionnement des agents économiques dans la société impose la nécessité d’inclure l’activité d’affaires dans le tissu sociétal. L’objectif de tirer le profit n’est possible que : a) dans la société où la vision du monde sous-entend la notion du profit, le système des valeurs inclut la valeur de l’argent et le modèle normatif qui démontre les façons de tirer le profit ; b) sous la condition que la société le permet.

Dans le cadre de la culture d’une société concrète, la responsabilité sociale reflète, en même temps, les traits socioculturels prédéterminés et les spécificités situatives. La société russe représente un exemple intéressant, car la transition du modèle centralisé hyper-réglé vers le marché chaotique, avec toutes les perturbations provoquées, met en évidence les mécanismes de la naissance de l’idée sociale comme pression de la société et comme outil pour la croissance et le développement durable de l’organisation.

L’analyse du contenu de la politique de la responsabilité sociale de deux entreprises mondiales – GazProm, géant énergétique, et RusAl, grand groupe de la production d’aluminium, – révèle l’influence des besoins du business et l’influence des traditions culturelles particulières.

L’historique du GazProm comme ancien Ministère soviétique de l’industrie gazière  (http://www.rbc.ru/companies/gazprom.shtml) représente l’assimilation lente et graduelle de la civilisation démocratique et de la citoyenneté en tant que principe de la prise de décision. La position de GazProm dans la société russe est déterminée par son rôle dans l’approvisionnement de l’énergie dans l’habitat et les entreprises. Et la responsabilité sociale de GazProm a longtemps été limitée par une liste courte (http://gazpromquestions.ru/index.php?id=25) : créer des emplois, payer des impôts et fournir le gaz. Ce répertoire est complété par des financements à des buts sociaux et de charité depuis 2004, où deux axes sont privilégiés – religions et sports. L’aide financière immense est accordée aux programmes qui assurent la reproduction du style de vie traditionnel, plus orienté à l’activité dans le secteur primaire.

Si on compare la politique de la responsabilité sociale du GazProm et celle du RusAl, on remarque deux différences évidentes : le volume et l’orientation. RusAl, comme une compagnie peu à peu agrandie sur la base de la privatisation et des acquisitions du caractère privé, oriente toutes ses actions dites sociales à la reproduction de l’industrie – parmi les événements financés par RusAl il y a des conférences sectorielles, des concours des projets technologiques, d’ingénieurs, et écologiques des écoliers. L’investissement dit social (http://www.rusal.ru/development/social_investment/) est orienté à la création de l’infrastructure physique et à la reproduction de ressources humaines dans les régions de la présence de la compagnie. Le caractère des programmes ici est plutôt innovateur, stimulant le développement durable de la compagnie, le changement et les avantages de démocratie comme source des idées et des pouvoirs.

On peut conclure, que la responsabilité sociale de GazProm est du type « verticale » et celle de RusAl est « horizontale ». La question est : Quel type est plus acceptable pour la société russe, concrète, d’aujourd’hui ?

 

 

LE MUSÉE D’ART CONTEMPORAIN DE ROUAMNIE OU LA « MÉMOIRE MALHEUREUSE » DU COMMUNISME

Lucia POPA

Candidate au doctorat

École des Hautes Études en Sciences Sociales

Après la chute du communisme, les artistes roumains et les institutions artistiques de l’État utilisent des interprétations différentes concernant l’histoire traumatique récente du pays. Dans une première étape, identifiable avec les premières dix années de la transition post-totalitaire, les attitudes des deux groupes sont similaires: les artistes et les musées entrent dans une période d’amnésie ou d’oubli (Paul Ricoeur) de l’époque de Nicolae Ceausescu. Les artistes essaient d’assimiler l’art promu et exposé au milieu des centres mondiaux de l’art et les musées d’art tentent de se créer une identité semblable à celle des autres musées d’Europe de l’Ouest. Le passé communiste est l’objet d’une « mémoire malheureuse » qui, pour être dépassée, doit être premièrement oubliée.

Dans une deuxième étape, en utilisant le terme proposé par l’historien de l’art Piotr Piotrowski dans son dernier livre Art and Democracy in Post-Communist Europe (2012), les artistes adoptent une attitude « traumophilique », tandis que les musées, bien que traditionnellement considérées comme des « lieux de mémoire » (dans le sens donné à l’expression par Pierre Nora), adoptent une attitude « traumophobique ». Si les artistes tentent d’explorer le traumatisme historique ayant comme but de définir une nouvelle image de l’art roumain, les musées persistent à nier le passé, à échapper à leur identité institutionnelle spécifique dans le contexte historique de la Roumanie post-totalitaire.

En suivant un point de vue théorique post colonialiste, on peut affirmer que le Musée National d’Art Contemporain de Roumanie (MNAC) s’efforce d’assimiler, au cours des dernières années, les canons esthétiques de l’Europe occidentale : le musée conçoit des expositions inspirées, par rapport à l’orientation stylistique, par les événements organisationnels et artistiques de Paris, Londres ou de l’Amérique du Nord. Le passé totalitaire roumain ne peut pas être « revisité » à travers les expositions du MNAC, car là on peut voir seulement des ouvrages postcommunistes roumains ou étrangers, attitude qu’on peut qualifier comme « traumophobique ». En d’autres termes, le MNAC s’efforce de surmonter l’histoire communiste du pays, de la rejeter dans une sorte d’amnésie imposée. Quand même, cette réaction au passé confirme son image d’institution culturelle post-totalitaire qui fait d’énormes efforts pour imiter le monde de l’art occidental, au lieu de s’efforcer, par exemple, de se créer une identité locale, originale, bien précisée.

Je me propose d’analyser dans ma présentation cette attitude  « traumophobique » du MNAC envers l’histoire communiste de la Roumanie. Pourquoi ce musée n’organise pas, par exemple, comme illustration d’une ancienne époque, d’expositions contenant des ouvrages dans le style du réalisme socialiste, bien que ses archives contiennent des centaines de tableaux de ce genre et en tant que de nombreuses expositions sont importées à prix cher de l’Europe de l’Ouest ? Je pense que problématiser dans cette perspective l’histoire de cette institution de ses dernières années pourrait représenter une étude de cas emblématique pour de nombreuses institutions d’art de l’Europe Centrale et de l’Est. En tant que sociologue de l’art, j’ai l’intention de tracer cette analyse sans sacrifier la « neutralité axiologique » (Max Weber), en essayant seulement de décrire et de comprendre les transformations identitaires du MNAC.

 

 

 

LA DIMENSION PÉDAGOGIQUE

DANS L’ACTION DES ORGANISATIONS POLITIQUES

Costin POPESCU

Maître de Conférence

Faculté de Journalisme et des Sciences de la Communication

Université de Bucarest

 

 

Les partis politiques (des organisations) ont une responsabilité sociale majeure : poursuivant des formes du bien commun, ils apprennent à la société comment concevoir de telles formes et comment les accomplir. Dans un monde où le politique, essence de l’action humaine (Julien Freund), facteur coagulant des sociétés humaines, connaît une permanente dépréciation, la responsabilité sociale même se dilue; aussi est-elle perçue comme plus agressive et comme plus étrangère à ses fins la compétition pour le pouvoir.

D’autant plus pauvres les campagnes électorales deviennent en idées destinées à donner à la politique l’apparence d’une activité découlant des principes bien définis, que la passivité de ceux devant lesquels ces campagnes se déroulent et pour lesquels elles prétendent se dérouler est plus alarmante (car, auto-destructive).

Je n’ai ni l’intention de me pencher sur des aspects de la communication au sein des partis politiques, ni l’intention d’examiner l’ensemble des actions sociales des partis politiques roumains. J’adopte la position du citoyen qui voit les élections comme un instrument de relancer la dynamique sociale et de reconstruction conceptuelle du bien commun ; c’est pourquoi je m’intéresse à la consistance (réalisme, envergure sociale etc.) des promesses que les partis font visant la réalisation du bien commun et j’évalue celles-ci par rapport, d’un côté, à la fonction pédagogique de la politique, de l’autre, aux actions destinées à les accomplir.

L’action politique apprend aussi aux individus à veiller à des intérêts trans-individuels. En fait, les Anciens déjà voyaient la dimension pédagogique de l’action politique (Aristote). La paideia grecque ne formait-elle pas les jeunes en vue de l’intégration et la solidarité? Cette attraction pour les affaires publiques n’était-elle pas le trait distinctif de l’humanité? Et le système / régime politique n’était-il considéré comme modelant le caractère des citoyens (Sinclair) ? La complexification de la société, l’essor de la démocratie suppose le développement de cette fonction (Burdeau). Des cadres formels et informels sont créés pour son exercice. Les élections en sont un.

Je m’intéresse à ce que les types idéaux (Max Weber) en champ politique exigeraient comme thèmes des discours électoraux et à ce qu’on retrouve vraiment dans ces discours. Dans les conditions où les problèmes structuraux de la société roumaine – corruption, inefficience économique, évasion fiscale etc. – semblent perdurer et que les candidats des partis pour la Chambre des Députés ou le Sénat se déclarent proches des citoyens sans jamais formuler de manière précise la « teneur » de cette association (= proximité), cette dernière est réduite à un simple lip service (et ce lip service risque de devenir un véritable modèle de comportement social). Si, en société, divers groupes luttent pour imposer des systèmes de « définitions ultimes de la réalité » (Berger, Luckmann), des systèmes idéologiques censés légitiment un ordre institutionnel au rôle protecteur et dirigent d’après ces définitions, on comprend bien que l’acceptation / le rejet des susdits systèmes et des groupes qui les proposent s’apprend et se manifeste à divers niveaux (attitudes, valeurs, comportements).

L’examen des stratégies de rhétorique visuelle et verbale utilisées dans les messages de publicité électorale peut apporter des informations importantes sur la fonction pédagogique de l’action politique qui m’intéresse. Des affiches électorales de diverses campagnes invitent à supposer une évolution dans l’exercice de cette fonction.

L’oscillation même de l’électorat entre deux positions radicales – esprit partisan à manifestations virulentes et délimitation de toute action politique, mépris pour tout acteur politique – indique la déroute des catégories sociales devant la politique, leur incapacité d’identifier des accords entre leurs propres intérêts et ceux des autres catégories et de réclamer à leurs représentants de meilleures solutions pour la réalisation du bien commun.

 

 

 

PERTINENCE DES RESSOURCES WEB DANS LA SOCIÉTÉ DE LA
CONNAISSANCE

Cristina POPESCU
Maître de Conférence
Département des Sciences de la Communication
Faculté de Lettres, Université de Bucarest

 

Les sources d’information sont illimitées dans l’époque de la vitesse et  le seul qui en peut faire une sélection est l’utilisateur. Il peut décider le type d’information dont il a besoin, quand il en a besoin, sous quelle forme et quels moyens sont à utiliser pour les obtenir. Les ressources bibliographiques Web sont nombreuses, abordant des domaines variés et peuvent répondre à des recherches plus détaillées. Les experts et les lecteurs ou les « surfeurs » sur Internet peuvent trouver de nombreuses données, livres, œuvres d’art, enregistrements audio, car l’espace Internet présuppose de la diversité, de la complexité, ressources qui  sont toujours multipliées.

L’étude souligne la liaison entre le climat informationnel actuel qui est en constante évolution et les modalités de rester informé qui souffrent de multiples transformations en termes de moyens utilisés, qu’ils soient traditionnels (livres, journaux) ou le dernier ou non traditionnels (Internet). Les ressources d’information non traditionnelles comprennent différentes possibilités offertes aux utilisateurs, par un simple accès à un moteur de recherche Internet, étant capable ainsi de récupérer plusieurs sites pour répondre aux besoins d’information d’un utilisateur.

La question posée le plus souvent est de savoir si l’Internet est une source de connaissances avisées, conçues conformément à un certain standard. La réponse reste cependant insérée dans le prototype de l’utilisateur ayant une certaine formation, avec des standards élevés de sélection des données, celui-ci étant le seul capable à trier et à recueillir exactement ce qu’il a besoin pour compléter son information. Qui cherche une information de qualité, la trouvera sûrement, mais le degré de culture peut être amélioré seulement par une éducation permanente de l’individu.

Une partie essentielle de la recherche se réfère à la bibliothèque actuelle dans l’espace roumain confrontée à un nouveau problème, le passage à des moyens informatisés pour offrir accès aux collections sur Internet – l’automatisation des processus de bibliothèque permettant, dans la dernière phase, à l’utilisateur de trouver l’information directement de l’OPAC de la salle de lecture même, ou de chez soi,  par connexion à l’Internet.

Cette tendance à la mondialisation a affecté directement l’espace de la bibliothèque, car les bibliothèques sont connectées dans un système bien défini, facilement accessible de partout dans le monde. Les catalogues informatisés mettent à la disposition des utilisateurs des données bibliographiques exactes et à jour, en ligne, qui, par leur abondance, ont ralenti l’activité d’acquisition et de triage des publications. En outre, les collections riches posent des problèmes, car l’activité de conversion classique dans des catalogues automatisés exige beaucoup de temps et plus d’attention de la part des spécialistes.

La bibliothèque numérique est encore dans la période « d’adolescence », l’introduction des nouveaux logiciels, des expériences consignées dans des revues spécialisées aux Etats-Unis. Car le système est déjà intégré, il n’y a aucun problème avec l’ingénierie de la bibliothèque, nous voulons rationaliser continuellement les logiciels utilisés, précisément parce qu’ils sont utilisés pour faciliter les recherches.

La méthode de recherche utilisée dans cette étude est une comparaison entre les différentes sources bibliographiques disponibles en ligne par les grandes bibliothèques roumaines et les normes informationnelles actuelles.

En termes de spécialité, la bibliothèque numérique exige une base de données avec des informations provenant de ses collections et une interface qui permet à l’utilisateur de visualiser et de rechercher les informations qui y sont contenues. Pour que la base de données soit accessible, par les moteurs de recherche, il est nécessaire l’interconnexion avec une interface à support hypermédia.

Il est souhaitable pour de futures applications, déjà sur l’Internet, que les bibliothèques numériques réalisent un ensemble commun de données et d’informations pour rendre efficace le flux de la réception de nouvelles informations. Les bases de données seront également enrichies par les applications multimédia aussi variées pour élargir la complexité des connaissances intégrées dans les bibliothèques de l’avenir.

 

 

 

NOUVEAUX ENJEUX DANS L’INTERACTION MÉDIA-LECTEURS :
LES COMMENTAIRES EN LIGNE ET
L’ÉTHIQUE HABERMASIENNE DU DISCOURS

Victor POPESCU
Chercheur en éthique et médias
L’Institut de Philosophie « Alexandru Dragomir » de Bucarest

 

Préliminaires

La responsabilité sociale des entreprises (RSE) et les médias sont considérés d’habitude d’un point de vue extérieur, dans la logique du moyen et du but. Ainsi les médias constitueraient principalement des moyens de médiatisation des initiatives socialement conscientes de telle ou telle entreprise (Christians, 2011). Par contre, lorsque nous parlons de la « responsabilité sociale » des organisations médiatiques, l’accent est mis soit sur les codes et les institutions de réglementation déontologique (Bertrand, 1999), soit sur le contenu médiatisé et sur sa valeur de nouvelle par rapport aux soucis de la communauté (Frunză, 2011).

C’est grâce aux nouveaux médias que l’interaction immédiate entre journalistes et lecteurs (Augey, 2009) est devenue un des piliers de la responsabilité sociale et de la communication organisationnelle des institutions médiatiques. En ce qui nous concerne, nous tacherons d’analyser ce genre d’interaction en prenant comme point d’appui l’éthique du discours mise en place par Habermas. De plus, notre attention sera dirigée vers le domaine plus restreint des commentaires des lecteurs de la presse en ligne, en quelque sort l’héritier de la rubrique traditionnelle « Courrier des lecteurs »  (Wahl-Jorgensen, 2001).

De l’espace publique à l’éthique du discours médiatique

Les nouveaux moyens d’interactivité en ligne reconfigurent le journalisme digital. Celui-ci est reconsidéré plutôt comme « média interpersonnel » (Miège, 2004) et comme espace publique des débats et de la démocratisation (Gillmor, 2004). En dépit de l’attitude optimiste concernant la mission civique de nouveaux médias, les discussions en ligne prennent souvent une tournure intolérante et irrationnelle (Dahlgren, 2005). De plus, les institutions médiatiques ne semblent pas prêtes à renoncer aux anciennes habitudes de la communication unidirectionnelles et à dialoguer en ligne avec les lecteurs sur pied d’égalité (Lowrey, 2009).

C’est bien dans ce contexte que nous essayons de repenser les cadres de l’interaction entre journalistes et lecteurs. En nous appuyant sur l’éthique du discours forgé par Habermas, nous tacherons de tracer les principes normatifs pour un dialogue « libre de domination » (Habermas, 2005) dans la presse digitale, notamment dans les forums des commentaires en ligne. Ainsi, les cadres normatifs des débats en ligne entre journalistes et lecteurs devraient assurer, parmi d’autres, la symétrie des échanges, la transparence en ce qui concerne l’identité et les prémisses des locuteurs et les conditions pour que le meilleur argument gagne à l’intérieur d’une « communauté de débat » (Habermas, 1992 ; Ruiz et alii, 2011).

Méthodologie

Nous proposerons une étude des cas multiples qui part de trois articles tirés de la presse en ligne roumaine (les sources seront un tabloïde, une revue de culture et un quotidien national). En dépit des commentaires avisés des lecteurs en ligne, opinions qui auraient nécessité des réponses immédiates ou même des rectifications, les auteurs et les éditeurs en ligne n’ont réagi d’aucune manière.

En ce qui concerne notre approche éthique, elle est influencée en principal par l’éthique du discours (Habermas, 1992), mais nous utilisons aussi des suggestions tirées de l’éthique des vertus des journalistes (Craig, 2011) et des codes déontologiques pour le journalisme en ligne (par exemple, le code canadien de RTDNA).

 

 

ONG ET NOUVEAUX MÉDIAS : ENJEUX ET PRATIQUES

Dana POPESCU-JOURDY
Elizabeth VERCHER
Université Lyon 2 – Institut de la Communication

 

Les ONGs ont été très rapides à reconnaître le potentiel des nouveaux médias. Une étude américaine faite en 2009 (Darmouth) a montré que le top 200 de Forbes des «  non profit organisations » avaient adopté les médias sociaux plus vite que le top 500 des compagnies classées par Fortune. Tout simplement car les ONGs fonctionnent avec des ressources limitées. Les nouvelles technologies permettent une accélération du partage de l’information tout en réduisant significativement les coûts de participation et d’organisation. Elles utilisent les nouveaux médias (Balle 2009) et plus particulièrement le web social (Millerand, Proulx, Rueff 2010) et les réseaux sociaux pour ré-investir l’espace public (Castells 2008) afin de gagner en visibilité et conquérir de nouveaux publics.

Ainsi elles touchent et fidélisent un public plus jeune, friand des nouveaux médias, qui  représente aussi les « futurs » potentiels donateurs, bénévoles ou ambassadeurs. C’est aussi souvent un moyen rapide (efficace ?) pour rassembler autour d’une cause. La plupart des ONGs ont leur page facebook (le site a d’ailleurs lancé en 2011, à leur attention, un service de soutien) et «   twittent », elles ont ainsi des fans ou amis qui aiment ou pas !

Mais l’utilisation de ces médias sociaux par les ONGs soulève des questions éthiques, par rapport aux pratiques, notamment sur les moyens et outils mis en œuvre, et les modes de diffusion. Le modèle de la communication persuasive utilisée pour la communication produite est-il adapté aux ONGs ou celles-ci doivent-elles rester dans un cadre spécifique, afin de garder leur légitimité en respectant des techniques, comme par exemple le plaidoyer, qui  leur sont propres.

Pour essayer de répondre à ces questions, nous avons choisi d’étudier les pages Facebook de certaines ONGs (Unicef, Croix-Rouge etc) et une vidéo très controversée qui a circulé sur la toile, celle de l’organisation Invisible Children, Kony 2012. Notre analyse porte à la fois sur le contenu et le discours ainsi que sur la mise en scène déployée par l’organisation pour communiquer.

Ces dispositifs participatifs facilitent la mobilisation en impliquant l’usager dans un double jeu communicationnel   : opérationnel et promotionnel. En devenant promoteur de l’action au sein de son réseau, l’usager semble gratifié d’un rôle d’acteur participant à sa réalisation. Nous montrerons que cette stratégie de communication enclenche des processus efficaces mais parfois contestables, voire douteux. Les enjeux éthiques liés à ce type de pratiques sont au cœur du questionnement sur la crédibilité des messages diffusés, leur légitimité. Ce type de communication devient alors à risque pour l’organisation qui peut en perdre le contrôle, mais qui risque surtout de sacrifier à l’effet communicationnel sa finalité humanitaire.